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Partie 2 : L’Institut de Sports Dynastie, la caverne d’Ali Baba du basketball québécois

Après la présentation faite la dernière fois de l’ISD, attardons-nous au présent de ce nouvel institut.

L’ISD a déjà un joueur français et un joueur ivoirien qui sont présents pour 11 joueurs locaux. Elle attend 9 joueurs internationaux : 2 de la Guinée, 1 du Congo et 6 de la Côte d’Ivoire. Igor est donc bien placé pour témoigner de l’état d’esprit et des différences qui existent entre les joueurs locaux et les internationaux.

“Le Québec est très reconnu pour ses meneurs et ses ailiers, donc en termes de recrutement, nous sommes allés chercher ce qu’on n’avait pas ici, à savoir des joueurs de grandes tailles, non seulement de grande taille mais surtout des joueurs mobiles de grandes tailles c’est une combinaison qui est dure à trouver.”

“Ce qu’on constate aussi, c’est qu’au niveau de la culture basket les joueurs québécois sont en avance ils sont plus confiants et plus conscients des opportunités qui existent. Les joueurs étrangers, eux, ne connaissent que la NBA et rien d’autre alors que les joueurs québécois connaissent les différents paliers qu’ils peuvent atteindre ce qui fait que le sentiment d’urgence de réussir est différent.”

“Les joueurs québécois savent qu’ils peuvent retomber sur autre chose si la NBA ne fonctionne pas tandis que les joueurs étrangers quand ils viennent c’est ça ou rien au niveau du sentiment d’urgence et du travail. À l’entraînement tu vois que l’objectif est beaucoup plus grand pour les joueurs internationaux alors que les joueurs québécois savent qu’il y a des paliers intermédiaires ; moi je peux finir à Concordia où aller en université américaine.”

Et quand on compare DSI à une « prep school », Igor est assez en accord sur cette comparaison.

“On travaille sur un modèle qui permettrait aux jeunes de pouvoir accéder rapidement à l’université contrairement au modèle qu’on connaît actuellement : études secondaires – études collégiales – université qui est un modèle en 8 ans. Nous, on essaie de raccourcir ce modèle à 6 ans et ça nous permettrait de pouvoir être à niveau égal avec le reste du monde.”

Quand on lui demande de nous parler de ses joueurs, Igor semble enthousiaste.

“J’ai actuellement Dylan Gory qui vient de France et qui a un profil de développement de niveau digne des universités américaines voir même éventuellement professionnel et Hanniel Ouattara de la Côte d’Ivoire qui a clairement un potentiel de développement dans les niveaux supérieurs.”

Et son impression concernant le changement de jeu et la morphologie des joueurs actuels va dans le sens de ce qu’on voit dans le haut niveau.

“Maintenant c’est beaucoup plus l’envergure qu’ils regardent [NDLR: les équipes pros] c’est la place que tu prends sur le terrain et la combinaison avec ta mobilité. Le jeu est de plus en plus rapide, de plus en plus dynamique, si tu as la chance d’avoir un joueur à la Siakam qui mesure 7’6 et qui se déplace comme un ailier de 6.2” de 6.3” et qui couvre la même distance, tu as un bon atout.”

“Hanniel Ouattara c’est vraiment ça son profil il fait 7 pieds et il se déplace très bien et au niveau de Dylan Gory il a une envergure sur le terrain de 7 pieds 8 pouces et une détente verticale très intéressante. Ce sont vraiment des mesures que les équipes professionnelles recherchent.”

Et Igor sait de quoi il parle en termes d’identification de prospects, c’est un des entraîneurs qui a découvert et entraîné Chris Boucher à ses débuts au Québec. Encore maintenant, les médias continuent de lui en parler et de le contacter à ce sujet.

« Chris est le 1er athlète que j’ai eu qui m’a montré que c’était vraiment possible. »

“ Avant de commencer à l’Académie les gens disaient qu’aucun jeune ne pouvait être formé au Québec. La 1re fois que c’est arrivé, je me rappelle c’était en 2012 après le tournoi du Rhode Island on jouait contre Blair Academy du New Jersey, qui avait justement 3 prospects de haut niveau et il avait joué vraiment un gros match avec 29 points et 14 rebonds et il y avait au moins 70 entraîneurs sur place et c’est la première fois que j’ai entendu quelqu’un dire “ce gars-là a vraiment une chance de jouer en NBA”. C’est là que tout a commencé et ça m’a permis de réaliser que la NBA c’est vraiment aussi loin que c’est aussi près pour les jeunes”.

Et Igor pense que cet épisode et le focus de la médiatisation de Chris au Québec et du titre des Raptors en NBA amènent, c’est que maintenant on n’a plus peur de dire à un enfant qu’il a le potentiel de faire la NBA.

“Quand je disais ça à l’époque, on me regardait bizarrement et on m’appelait le vendeur de rêve et maintenant dans la communauté de plus en plus on entend le mot NBA. Certaines écoles, certains programmes, quand ils vendent leur programme mettent vraiment en avant la possibilité d’aider les jeunes à arriver à ce niveau-là. Chris aide un peu à ça et maintenant on le voit avec Karim Mane et tout le monde pense qu’il a vraiment une chance”.

Quand on parle de NBA avec Igor, on ne peut pas ne pas se laisser aller à rêver d’avoir un jour une franchise à Montréal et sa réponse est claire.

“Moi mon rêve c’était de faire la NBA, pas forcément en tant que joueur, mais au niveau du management au niveau des entraîneurs. Avec l’ISD, on s’est donné comme mission de former les prochains athlètes et peut-être les prochaines vedettes NBA ici au Québec et on s’est vraiment focalisé sur tout ce qui est international donc si on a ici le prochain Chris Boucher, le prochain Rudy Gobert, le prochain Frank Ntilikina, le prochain Luguentz Dort dans nos structures je pense que ça, ça peut vraiment ouvrir les yeux à la NBA et qu’elle se dise vraiment pourquoi ne pas avoir une structure ici.”

“Si j’avais à parier, je dirais oui, je vois une franchise NBA à Montréal dans les 5,10 prochaines années.”

1-Les accusations de DeMarcus Cousins sont retirées.

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