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Suns: une nouvelle ère à Phoenix sous Monty Williams?

À Phoenix, les années Nash, Stoudemire et Marion sont désormais loin derrière. Après plusieurs saisons à valser avec les sommets de la NBA grâce en bonne partie aux prouesses du plus grand joueur canadien de tous les temps, la formation patauge depuis quelque temps dans les bas-fonds de la ligue. Certains jeunes joueurs de grand talent, dont Devin Booker et Deandre Ayton, ont redonné espoir aux partisans au cours des dernières campagnes, sans toutefois répondre pleinement aux attentes. L’édition 2019-2020 des Suns serait-elle celle qui permettra au soleil de briller de nouveau sur l’Arizona? En ce début de mois de novembre, tout porte à le croire. Les transactions effectuées par le nouveau directeur général (et ses associés), l’ancien sharpshooter James Jones, et la venue d’un nouvel entraîneur en la personne de Monty Williams, semblent bien, du moins pour l’instant, porter fruit.

Après leurs 8 premiers matchs du calendrier, les Suns de Phoenix affichent un bilan de 5 victoires et 3 défaites. Leur dernière victoire, survenue lundi dernier aux dépends des puissants 76ers de Philadelphie, vient confirmer que les troupes de Monty Williams sont prêts à affronter n’importe qui. Il est vrai que le joueur vedette Joel Embiid était absent lors de cette rencontre, puisqu’il était suspendu à la suite de son altercation avec l’autre colosse Karl-Anthony Towns. Les Suns, cependant, doivent travailler sans leur jeune pivot, Deandre Ayton, pour un total de 25 parties, suspendu pour avoir échoué un test antidopage.

En l’absence d’Ayton, les nouveaux venus à l’intérieur ont jusqu’à présent totalement assuré. Venu de Boston, Aron Baynes affiche de loin ses meilleures statistiques en carrière. Sur 7 matchs en tant que titulaire, ce dernier marque plus de 17 points par affrontement, capte 6 rebonds et réussit près de 4 passes décisives, et ce, avec un taux d’efficacité impressionnant. L’ancienne vedette de Wisconsin en NCAA, Frank Kaminsky, fait lui aussi du bon boulot à titre de remplaçant, après avoir passé ses 4 premières saisons en NBA à Charlotte.

C’est tout le contraire pour l’autre nouveau joueur d’intérieur, l’ailier fort Dario Saric, qui déçoit quelque peu jusqu’à maintenant dans l’uniforme mauve et orange. Alors que certains voyaient en lui un immense potentiel il y a à peine deux ans, les joueurs de Fantasy Basketball sont très loin de se l’arracher aujourd’hui. Après 8 parties comme titulaire à Phoenix, celui-ci affiche une maigre moyenne de 8,9 points et 6,1 rebonds par rencontre, nous rappelant drôlement (et tristement?) les statistiques d’un certain Patrick Patterson lorsqu’il était l’ailier fort partant chez les Raptors de Toronto il y a quelques années.

Il va sans dire que l’alignement des Suns a changé radicalement au cours de la dernière saison, alors que les deux joueurs qui accompagnent l’étoile montante Devin Booker à l’arrière, Ricky Rubio et Kelly Oubre, sont également des additions récentes. À la suite d’un court passage de deux saisons avec le Jazz, le premier semble avoir retrouvé sa main de passeur à Phoenix, étant actuellement en 5e position de la ligue dans la catégorie des passes décisives par match. Après avoir connu un été incroyable à la Coupe du Monde, où il a été médaillé d’or, il est formidable de voir qu’au moins une des deux vedettes de l’Espagne a encore du gaz en ce début de campagne NBA (Marc, on t’aime). Le second, Oubre, connait lui aussi un excellent début de saison, nous ayant d’ailleurs déjà offert quelques jeux des plus spectaculaires. Depuis le retrait forcé de Deandre, le jeune ailier s’est démarqué en tant que 2e option offensive pour les Suns. De plus en plus, l’échange de Trevor Ariza pour ce dernier et Austin Rivers, survenu en 2018 juste avant Noël, ressemble de plus en plus à un coup de maître, d’autant plus que Kelly Oubre est désormais sous contrat jusqu’à 2021 pour un salaire qui a bien du bon sens pour les standards NBA (15M$ par saison).

Puis, il n’est pas possible d’oublier Devin Booker, qui connait, à l’image de son équipe, un début de saison grandiose. Bien que ses statistiques ne nous jettent pas parterre au premier coup d’oeil, puisqu’il nous a habitué à des performances offensives simplement gigantesques, ce qui impressionne, ce sont ses pourcentages de réussite: 53% du terrain, 50% derrière la ligne de 3 points et 92% à la ligne de lancers-francs. Il s’agit en soi d’un exploit, et s’il réussit à se tenir près de ces pourcentages pour toute la saison, Booker sera désormais définitivement considéré parmi les superstars de l’association. 

Les Jevon Carter, Mikal Bridges et Tyler Johnson viennent compléter cette rotation beaucoup plus complète qu’on aurait pu le croire avant le début de la saison. Et tout ce succès, aussi récent soit-il, est en grande partie dû à la vision et aux changements apportés par le nouvel entraîneur-chef. Cette affirmation, elle est sortie de la bouche du garde Devin Booker, qui, malgré certaines comparaisons passées avec Kobe Bryant et Klay Thompson, pour ne nommer que ceux-ci, a parfois été critiqué pour son manque d’éthique de travail.

«L’ambiance n’est pas la même que lors des saisons précédentes. Je ne veux pas parler trop vite, mais la culture a changé, on peut le sentir dans l’air, et ça a commencé avec Monty», a mentionné le principal intéressé au réseau ESPN.

Monty Williams saura-t-il avoir le même impact sur les Suns que Dwane Casey aura eu sur les Raptors au cours de la dernière décennie? Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça commence bien, puisqu’il est vrai que la mentalité ne semble plus être la même. En ce début de saison, on assiste à beaucoup moins de jeux isolés pour D-Book; un réel système offensif semble tranquillement prendre place. Des améliorations semblent aussi avoir lieu en territoire défensif, et les victoires s’accumulent. Il sera assurément intéressant de suivre cette équipe au cours de la présente saison, mais aussi au cours des prochaines années. L’imposant Ayton ne reviendra au jeu que pour les Fêtes. Bien qu’il s’agisse d’un exploit à chaque occasion lorsque l’on joue dans l’ouest, si les Suns continuent à bien performer sans lui d’ici là, une place en séries n’est par la suite pas du tout irréaliste.

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